Le Lion de Belfort : inauguré en août 1880
Le projet d'ériger un monument à la gloire des défenseurs de Belfort lors du siège de 1870-1871 remonte à 1872.
Le sculpteur colmarien Auguste Bartholdi, qui a été choisi, expose sa conception d'un tel monument commémoratif au maire Edouard Mény dès mars 1872. Son projet, le premier d'une série de 3 ou 4, est défini en août : ce sera un lion de 4 mètres de haut, en pierre blanche pour trancher sur la couleur foncée de la roche du château où il doit être placé.
Le crédit nécessaire à cette réalisation est voté par le conseil municipal en mai 1873, mais un deuxième projet voit le jour en octobre de la même année. Le monument aura, cette fois, une longueur de 15 mètres sur 7 mètres de haut. Il est toujours prévu, pour l'instant du moins, en pierre blanche. Le coût étant évalué à 50.000 francs, la ville ouvre une souscription nationale.
A la clôture de cette souscription, en mai 1874, plus de mille lettres ont été adressées, totalisant 92.000 francs de promesses de dons, de 25 centimes à 3000 francs.
Tout le pays s'est ému. Eriger un tel Lion, symbole de la vaillante résistance locale à l'envahisseur et de l'honneur sauvé, est une affaire nationale. Avant même d'être construit, le Lion est déjà entré dans la légende.
Les Belfortains se sont emballés pour l'élévation du monument. Mais la construction, entamée au printemps 1876, traîne. La dernière pierre ne sera posée qu'en septembre 1879.
On sent poindre un certain désenchantement, voire une régression du sentiment d'unanimité de départ. La déception vient-elle en partie du grès rose des carrières de la région (Pérouse) qui remplace le calcaire blanc du projet initial ?
D'autre part, un malentendu entre la ville et le sculpteur Bartholdi est à l'origine du "ratage" de la vraie naissance du Lion. La ville de Belfort refuse toute inauguration officielle et l'artiste, qui veut célébrer son oeuvre, doit illuminer le monument à ses frais (28 août 1880).
Un long procès suivra, étalé sur plusieurs années, ainsi qu'un grand ressentiment de l'artiste, à qui la ville a pourtant confié en 1878 la réalisation d'un autre monument commémoratif, le monument des Trois Sièges.

