La création politique du Territoire de Belfort
Le département est directement né de la guerre de 1870 durant laquelle Belfort devra subir un long siège de 3 mois.
En 1870
En 1870, Belfort, chef-lieu d'arrondissement du département du Haut-Rhin, exerce déjà des fonctions militaires, administratives et commerciales.
Avec ses 6257 habitants, la cité n'est qu'une petite ville, enserrée dans les remparts de Vauban, mais dont l'extension a débuté au-delà de la Savoureuse, vers la gare nouvellement construite.
La guerre contre la Prusse bouleverse les destinées de la ville
L'armée française se trouve rapidement en difficulté. La capitulation de Napoléon III et de son armée à Sedan provoque la chute de l'Empire et la proclamation de la République le 4 septembre 1870. Mais celle-ci ne peut changer le sort des armes.
En septembre – octobre, l'Alsace est investie par les troupes prussiennes. Belfort se retrouve en première ligne. Nommé commandant supérieur de la Place le 19 octobre par Gambetta, Denfert-Rochereau accélère les travaux autour de la Place forte.
La ville va subir un long siège du 2 novembre 1870 au 13 février 1871. Les habitants ne se laissent pas décourager ; ni les bombardements ni les menaces ennemies ne viendront à bout du moral des assiégés.
Les Prussiens pénètrent dans la ville
Une convention d'Armistice entre le gouvernement de défense nationale et Bismarck est signée alors que la ville résiste toujours.
Le 13 février, le gouvernement français ordonne au commandant de la place de livrer celle-ci aux Allemands. Au moment où se termine l'évacuation des troupes françaises, les prussiens pénètrent dans la ville, les fenêtres sont closes et les rues désertées par la population.
Le Traité de Francfort, signé le 10 mai 1871, consacre d'une part la défaite de la France – perte de l'Alsace et du nord de la Lorraine, indemnité de 5 milliards de francs à verser – et d'autre part, est à l'origine de l'essor de la cité et de son territoire.
Belfort échappe à l'annexion
Belfort échappe à l'annexion grâce à sa résistance et à l'habileté de Thiers et des négociateurs français qui, après de nombreuses rencontres, obtiennent des Allemands qu'ils cèdent à la France une zone plus vaste que l'enclave primitivement accordée.
Cette zone recouvre 105 communes. La frontière avec l'Alsace allemande suivra la ligne de partage des eaux et correspondra à peu près à la frontière linguistique.
Proche des frontières suisse et allemande, la ville de Belfort sera un carrefour important et le territoire qui l'entoure embryon d'un futur département né de circonstances uniques.

